La question du stress

L’Agence Européenne pour la sécurité et la santé au travail (https://osha.europa.eu/fr) propose la définition suivante :

« un état de stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité de la personne qui y est soumise ».

Cette définition met en avant trois notions :

  • les contraintes au travail
  • l’état de tension
  • les conséquences sur le salarié ou la productivité

Selon les études et les modèles explicatifs retenus, le stress se définit comme un facteur de risque psychosocial, un médiateur de la relation entre risques psychosociaux et leurs conséquences, ou encore comme une conséquence à part entière.

C’est le cas par exemple du stress chronique qui peut être considéré comme une affection. Cet état correspond à l’épuisement d’un organisme trop longtemps soumis à une hyper-stimulation. Il en résulte l’apparition de différents symptômes :

- Physiques : douleurs (maux de tête, coliques, douleurs musculaires, articulaires…), troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sensations d’essoufflement ou d’oppression, sueurs inhabituelles, etc…

- Emotionnels : sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal être, etc…

- Intellectuels : perturbation de la concentration nécessaire à la tâche entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions, etc…

- Comportementaux : recours à des produits calmants (anxiolytiques, alcool…) ou excitants pour tenir le coup (café, tabac…), une fuite de l’environnement hostile (inhibition, repli sur soi, diminution des activités sociales…).

Face à ce mal-être la réaction dans un premier temps est passive : la situation au travail est subie et les sentiments d’impuissance et de paralysie dominent. Dans un deuxième temps, des tentatives d’adaptation se développent. Ces stratégies varient en fonction de la personnalité et du moment et trois types de mécanismes d’adaptation (coping) sont observés :

- Des réponses d’ordre émotionnel : exprimer sa colère ou au contraire l’inhiber et ruminer ses erreurs

- Des réponses d’évitement : demande de changement de poste ou arrêt du travail

- Recherche de solutions : si cela est possible par une meilleure information, une réorganisation de son travail ou la sollicitation des collègues dans une recherche de stratégie collective.

Les symptômes de stress chronique sont réversibles une fois qu’une solution est trouvée. En revanche, si les stratégies d’adaptation s’avèrent inefficaces, ou inacceptables pour l’entreprise, l’état de stress chronique se pérennise menaçant l’intégrité physique et mentale de la personne.

Parler du stress met aussi en lumière le caractère ambivalent du terme « risques psychosociaux ». En effet le stress se positionne à la fois comme un facteur de risques psychosociaux, mais aussi comme une de ses manifestations.