Le projet de l’équipe consiste à saisir ce phénomène – le local welfare - et à en prendre la mesure, par le recours aux comparaisons internationales. L’exemple de pays voisins tels que l’Espagne, d’un côté, le Royaume-Uni de l’autre sera particulièrement étudié, mais il conviendra aussi de se tourner vers le fameux modèle scandinave qui connaît, lui aussi, des transformations. On mènera par ailleurs des travaux plus ciblés sur une autre facette du phénomène qui est l’implication des collectivités locales vis-à-vis des publics dont ils ont la charge, les relations juridiques qui les unissent, les coordinations qui sont mise en oeuvre pour conférer une meilleure cohérence et efficacité à des dispositifs souvent épars ou superposés. Des collaborations seront recherchées, dans une optique interdisciplinaire, avec des géographes et des politologues.

D’une part, il est – en quelque sorte – « débordé » par le phénomène de l’entreprise transnationale qui devient en soi un espace de régulation largement autonome et privé (la RSE).
Ce mouvement donne cependant une nouvelle légitimité aux organisations internationales (entre autres l’OIT) et aux acteurs collectifs internationaux (syndicats, ONG) pour participer de cette régulation et imposer des conditions de travail décentes dans les zones d’implantation des firmes où la protection juridique est faible.

Peut-on, pour autant, parler de « citoyenneté sociale » au sein de la firme internationale ? L’équipe du COMPTRASEC entend mener plus avant la réflexion sur ce thème et l’analyse des processus de construction d’un droit de la mondialisation.

D’autre part, au plan des solidarités et de la protection sociale, il semble qu’on assiste aujourd’hui à un retour en force de la logique d’aide sociale et du traitement local ou pour le moins décentralisé de certains problèmes sociaux, ce qui ne manque pas de soulever la question de l’égalité des individus et de l’universalité et de l’uniformité des droits sociaux des ressortissants d’un Etat donné.

L’avènement de la société postindustrielle et l’émergence de nouveaux risques sociaux semblent en effet mettre en échec le traditionnel Etat-providence : les politiques de lutte contre l’exclusion et la mise en oeuvre de minima sociaux, les dispositifs de prise en charge de publics tels que les personnes âgées dépendantes tendent, en Europe, à opérer dans le cadre de déplacements, voire de transferts de compétences au plan local, soulevant la question de la territorialisation des politiques sociales et des droits sociaux. Ce phénomène est, en partie au moins, imputable aux agencements financiers et aux politiques budgétaires qui poussent les Etats à agir de la sorte.