Autonomie et protection des personnes vulnérables.

Autonomie et protection des personnes vulnérables. Le cas de femmes nigérianes se prostituant en France
GIP - Mission Droit et justice
24 mois – Octobre 2009 – Octobre 2011

La traite des êtres humains est une infraction qui, avec le trafic de migrants, exploite la volonté migratoire. La traite, sur laquelle portera cette recherche, peut se définir comme une action (recrutement, hébergement…), un moyen (contrainte, violence, abus de vulnérabilité…) et un but (l’exploitation de la personne). Ce travail portera exclusivement sur l’exploitation sexuelle. Si la protection des victimes de la traite mérite de faire l’objet d’une recherche spécifique, c’est parce que cette pratique s’accompagne de violations particulièrement graves des droits fondamentaux : atteintes à l’intégrité physique (violences, viols répétés, prostitution forcée…), psychique (menaces), ou encore soumission à des conditions de travail contraires à la dignité de la personne humaine, pratique d’une activité professionnelle en l’absence de toute rémunération, atteinte à la liberté d’aller et de venir…

Or, malgré un arsenal juridique international et national, les victimes identifiées et bénéficiant d’une protection restent extrêmement peu nombreuses. Les causes des difficultés rencontrées seront donc analysées, sous l’angle du rapport entre autonomie et vulnérabilité. Pour bénéficier d’une protection, les victimes doivent en formuler la demande. Mais précisément la traite vise à assujettir la personne et à l’empêcher de s’identifier comme victime. Ce travail portera particulièrement sur les personnes nigérianes se prostituant en France et originaires de Benin City. La pratique du vaudou est en effet utilisée dans cette région pour faire promettre aux jeunes femmes de ne jamais dire qu’elles ont pu avoir à rembourser une dette. Il semble donc constituer dans ce contexte un facteur accroissant la vulnérabilité des personnes. Ce point sera en tous cas vérifié par cette étude.