Le microcrédit personnel : une réponse pertinente aux besoins financiers des ménages ?

Le microcrédit personnel : une réponse pertinente aux besoins financiers des ménages ?
Conseil Régional d’Aquitaine, Agence de Valorisation des Initiatives Socio-Economiques (AVISE, Paris), Fonds d’Action Sociale du Travail Temporaire (FASTT, Paris), Central Bank of Ireland (Dublin), Social Finance Foundation (Dublin), Comptrasec.
UCD Geary Institute, University College Dublin
5 ans - Septembre 2012 – novembre 2017

Pour répondre aux besoins du nombre croissant de ménages exclus tant du marché du crédit que du circuit des aides sociales, l’Etat français a décidé de promouvoir le microcrédit personnel en instituant en 2005 le Fonds de Cohésion Sociale (FCS) dont l’une des missions est de garantir ce type de prêts à hauteur de 50%. Grâce à ses caractéristiques adaptées et à l’accompagnement obligatoire des emprunteurs, cet outil devrait en théorie favoriser l’insertion professionnelle et sociale des emprunteurs en finançant toute sorte de besoins (achat ou réparation d’un véhicule, permis de conduire, dépenses de santé, amélioration des conditions de logements, …) hormis les créations d’activité et le rachat de dettes bancaires.
Après plus de six années d’existence il est possible et souhaitable d’analyser dans quelle mesure le microcrédit personnel est une innovation sociale pertinente au regard des finalités d’inclusion bancaire et sociale qui lui ont été assignées.
Il s’agira tout d’abord d’évaluer pour la France les impacts des microcrédits personnels pour les demandeurs et de s’interroger sur les performances comparées des différents choix organisationnels qui ont pu être faits. Plus largement seront questionnés les apprentissages des promoteurs du microcrédit personnel au regard des problématiques d’inclusion bancaire et de lutte contre la pauvreté. Nous nous demanderons également en quoi cette réponse individualisée et financière qu’est le microcrédit accompagne les évolutions institutionnelles à l’œuvre (crise de la société salariale, remise en cause de l’Etat social, financiarisation de la société) ou bien constitue une potentielle alternative en offrant une opportunité de renouveler la mise en œuvre de solidarités nationales, régionales et locales.
Les résultats obtenus pour la France seront mis en perspective avec la situation en Irlande où l’accès au crédit a été rendue possible pour l’ensemble de la population – via la libéralisation du marché du crédit – mais à des conditions se révélant souvent catastrophiques pour les emprunteurs. Cette approche comparative permettra non seulement d’évaluer les risques d’une réponse au besoin de financement reposant presque exclusivement sur le marché mais également de diffuser et discuter au niveau international des enseignements de l’expérimentation française, en premier lieu en alimentant les réflexions menées depuis 2010 par le Ministère des finances irlandais en vue d’une amélioration de l’inclusion financière des ménages.