Pour aborder ces questions, l’équipe entend réaliser des travaux comparatifs :

  • Sur l’emploi des seniors, à partir d’un échantillon de plusieurs pays européens, des Etats-Unis et du Japon ;
  • Sur le risque dépendance lié au vieillissement. Cette recherche s’effectue sur une base contractuelle dans le cadre du programme FLARE (financement CNSA) ;
  • En articulation avec le sous-axe « santé et sécurité », sur la thématique de la pénibilité du travail et les articulations envisageables avec la réforme des retraites. Ces derniers travaux pourront être menés dans le cadre d’opérations du type ANR ou PCRDT.

Ces dernières années, la problématique du vieillissement a d’abord et surtout conduit les pouvoirs publics des pays développés et industrialisés à réformer leurs systèmes de retraites. Même s’il est encore inachevé, ce processus est largement engagé en Europe, sous l’impulsion de la Méthode Ouverte de Coordination mise en œuvre par l’Union Européenne à partir de 2001. En se focalisant sur les problèmes de viabilité financière des pensions de retraite, on a cependant privilégié des réponses techniques – traduisant néanmoins de vrais choix politiques – qui consistent à aménager la charge des pensions entre l’Etat, les entreprises et les individus (la stratégie des 3 piliers).
Il manque toujours une réflexion fondamentale sur le risque vieillesse comme risque social au XXIème siècle. Depuis les débuts de la Sécurité sociale, les choses ont changé et le vieillissement des populations comporte une dimension positive – la chance de vivre plus longtemps – mais pose aussi une question cruciale : comment garantir une vie autonome et digne pour chacun dans la vieillesse ? Sur ce plan, l’Europe, avec l’héritage de son modèle social, se doit d’élaborer une réponse politique et juridique. Les travaux que se proposent de mener les chercheurs du COMPTRASEC sur ce thème partent de l’hypothèse générale qu’il y a aujourd’hui un assez net consensus, en Europe, autour de la centralité du travail. Ce consensus s’exprime dans la stratégie coordonnée pour l’emploi et les processus de « coordination ouverte » dans différents domaines pilotés par les institutions communautaires.

Ces stratégies consistent au fond à maintenir ou à remettre dans l’emploi les personnes capables de travailler, y compris à des âges auxquels, jusqu’à présent, on avait coutume de les faire sortir du marché du travail (préretraites – invalidité – retraites). Cette stratégie emporte plusieurs conséquences et ouvre plusieurs chantiers en matière de politique sociale et de droits sociaux. Il en va ainsi du « vieillissement actif », renvoyant à la thématique fort actuelle de l’emploi des seniors, mais aussi de la question non résolue de l’âge de la retraite comme norme standard articulée ou non à une prise en compte de la pénibilité du travail. Il en va également de la question de la dépendance comme conséquence du vieillissement, avec la thématique de la reconnaissance d’un « 5ème risque » et de sa construction au plan juridique, ou bien du « risque vieillesse » en considération des charges familiales, ou bien encore de la question des droits dérivés.