On entend ici développer une recherche à la fois théorique, empirique et comparative. Il faut en effet inventorier les faits familiaux sources de droits sociaux comme de non droit, et s’interroger sur la pertinence de leur prise en compte (ou non) par le droit social.

Il s’agira donc aussi de comprendre les logiques à l’œuvre, celles de protection, de solidarité ou de déni de droit.

Les collaborations interdisciplinaires seront ici particulièrement recherchées ; de même seront développées des travaux comparatifs, plus particulièrement à propos de l’articulation des modes de protection sociale, sur le travail au sein de la famille, sur la conciliation des temps, sur la prise en compte des violences conjugales par le droit social…

L’absence ou la pluralité de définitions donnée à la famille permet de s’interroger sur l’influence des comportements familiaux et leur prise en compte différenciée par le droit social. Ce dernier a tendance à prendre en compte voire à reconnaître plus facilement que le droit civil de nouveaux comportements sociaux et par conséquent familiaux ; il est difficile alors de parler de famille et préférable de parler de « fait familial », envisagé comme générateur de droits sociaux ou de non droit.

En tant que générateur de droits tout d’abord, le fait familial peut être entendu comme le fait d’être rattaché à une famille, de constituer une famille ou d’avoir des liens avec une personne. En ce sens, il est vecteur de droits et d’obligations : droits dérivés en matière de sécurité sociale (obligation alimentaire par exemple), droits particuliers en ce qui concerne le travail (aménagement des temps de travail, congés, …). En matière de protection sociale, lorsque des obligations liées à la famille ne peuvent être remplies, l’Etat peut se substituer à elle. Se pose alors la question de l’articulation des solidarités familiale et nationale dans la mesure où, paradoxalement, l’intervention publique conduit parfois à la rupture ou tout au moins à la distanciation des liens sociaux traditionnels.

En ce qui concerne le travail, des évènements familiaux, heureux ou malheureux, donnent lieu à des droits s’imposant à l’entreprise tandis que d’autres droits sont négociés pour organiser, par exemple en Europe, une conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. En tant que générateur de non droit, le fait familial est, au contraire, vecteur d’interdictions et fait l’objet de prescriptions du droit du travail (interdiction du travail des enfants…) comme du droit de la sécurité sociale (régime de rattachement du conjoint en fonction de son statut…).